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  • Post last modified:septembre 13, 2021
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L'énergie renouvelable : Transition énergétique

L’énergie est indispensable à la vie et au développement économique et le plus
grand défi de ce siècle va être de couvrir les besoins énergétiques de l’humanité.
Est-ce possible ?


Expliquer ce challenge en des termes simples, compréhensibles par tous est un travail difficile mais utile pour permettre à chacun de bien comprendre les enjeux de l’avenir. C’est à cette tâche que Bertrand Cassoret s’est attelé, avec beaucoup de bonheur et de succès, sachant trouver les mots simples pour illustrer les divers aspects énergétiques et leurs liens avec tous les autres phénomènes, voulus ou non, qui nous entourent, à commencer avec la démographie galopante que l’on connaît depuis un siècle et qui n’est pas près de diminuer !


À la fin de l’année 2011, nous avons passé la barre des 7 milliards d’habitants sur la planète et nous sommes 700 millions de plus au début de cette année 2020 (soit un rythme de + 230 000 par jour : 400 000 naissances moins 170 000 décès !) ! Cela nous conduit à plus de 10 milliards de terriens en 2050, dans moins de 35 ans. Certains économistes se basent même maintenant sur 11 voire 12 milliards d’individus.


La croissance démographique implique bien évidemment de considérer pour cet ensemble de populations, les besoins en eau, en alimentation, en éducation sans oublier la santé. Or tout ramène à l’énergie.

L’alimentation des habitants de la planète dépend à la fois de la disponibilité en eau, en engrais, en sols. Là aussi, la soif d’énergie est grande. On sait combien les choix d’affectation des terres – entre ce qui sera consacré aux cultures vivrières et aux bio-carburants – sont essentiels. Les émeutes de la faim que l’on a vues dans certains pays en voie de développement sont essentiellement dues à la spéculation sur les céréales dans les pays « riches » anticipant la demande croissante dans ces applications.


Éducation ? Dans beaucoup de villages de l’Inde, le chef de la communauté lance encore l’unique générateur d’électricité une heure le soir. Comment le jeune élève peut-il faire ses devoirs ? Dans ces pays-là, l’avenir est dans le développement du photovoltaïque (et dans ces pays-là seulement !).


La santé aussi est affaire d’énergie : prenons un seul exemple : la natalité. Une femme qui porte un enfant et accouche seule, sans aide médicale, dans un village africain, aura consommé pour cette conception quelque 90 kWh en neuf mois.


Une femme qui met au monde son enfant dans un pays « riche », après avoir eu des visites médicales régulières, des échographies, un accouchement en maternité, consomme pour cela, l’équivalent énergétique d’environ 4 000 kWh, 45 fois plus, mais c’est de l’énergie bien employée. L’avenir souhaitable est que toutes les femmes du monde bénéficient de cette assistance médicale. Cette évolution de la population mondiale va se traduire par une augmentation considérable de la consommation en énergie. Nous devons non seulement suivre la courbe démographique mais la dépasser pour mieux répondre aux besoins des populations des pays en voie de développement.


N’oublions pas que le Monde dont nous faisons partie actuellement est malheureusement simple à décrire dans ses inégalités : 1/5 de la population (où nous nous trouvons) dépense 4/5 de l’énergie totale fournie actuellement par cette planète. Or, au moins deux autres cinquièmes sont en voie de fort développement, ce qui représente 2,8 milliards de Terriens. Les besoins énergétiques de ces derniers sont considérables et il faut en tenir compte.

Rien qu’en conservant l’augmentation constatée au XX e siècle (2,35 % par an), on arrive à un besoin annuel trois fois plus important que notre consommation des années 2000. Comment penser que le monde va consommer l’énergie à un rythme inférieur à celui du XX
e siècle, siècle commencé avec 1,6 milliard d’individus ? Bertrand Cassoret critique avec beaucoup d’humour et d’efficacité les scénarios peu crédibles qui voudraient nous faire revenir au Moyen-Âge !


Ceci signifie que l’humanité ne peut s’affranchir d’aucune source d’énergie, quelle qu’elle soit. Depuis l’Accord de Paris et la COP 21, l’humanité a pris conscience du réchauffement planétaire, prélude à divers dérèglements climatiques. Depuis, chaque année, de telles réunions internationales ont lieu, regroupant des milliers de délégués et observateurs représentant près de 200 pays auxquels se joignent plus d’une centaine d’ONG. Du jamais vu jusque-là, une ampleur à la hauteur du défi pour l’avenir de la planète.

Or, si les décisions tardent à venir car, à côté des vœux pieux et probablement sincères, se greffent les considérations économiques, les divers débats qui ont eu lieu, les discours des chefs d’État et de gouvernement ont conduit à ce consensus : la grande gagnante de cette
conférence est l’énergie décarbonée.


En effet, pour arriver à relever ce défi : limiter l’augmentation globale de la température de la planète, il faut drastiquement réduire les émissions de gaz à effet de serre, essentiellement le CO2 , à côté d’autres gaz comme le méthane, beaucoup plus nocif sur ce plan. D’où le terme « décarboné », encore inconnu dans nos dictionnaires mais beaucoup utilisé actuellement. Difficile dans de nombreux cas, comme pour le chauffage ou encore pour les transports aériens ou maritimes, de se passer de l’énergie fossile mais pour la production d’électricité, cela est tout à fait possible et à 100 %.


Mettons-nous à la place d’un dirigeant politique qui s’intéresse justement à une production électrique décarbonée. Il va privilégier parmi les diverses formes d’énergie, celle qui sera la plus fiable, la plus économique (lié à un fort rendement de production électrique), la plus sûre (car la plus contrôlée), avec l’emprise au sol la plus faible et donc la plus respectueuse de l’environnement sous tous ses aspects.


Il va choisir (et c’est déjà bien parti) la production électronucléaire et ce d’autant plus que les sources d’énergie intermittentes (photovoltaïque et éolien) consomment toutes les ressources de métaux rares de la planète. Vous avez dit : « développement durable ? »
De nombreux pays se tournent vers le nucléaire partout sur la planète. Il n’y a jamais eu autant de réacteurs en construction qu’aujourd’hui et ne parlons pas des projets !
Là encore, Bertrand Cassoret reprend avec une logique implacable la palette des diverses énergies, sans passion, sans militantisme d’un côté ou de l’autre, simplement avec une rigueur toute scientifique et beaucoup de bon sens.


Il permettra ainsi au lecteur qui, j’en suis sûr va dévorer son livre, de se faire une opinion claire et simple de tous ces problèmes énergétiques et en sortir ainsi renforcé pour mieux comprendre les divers débats sur ces sujets auquel il ne manquera pas d’être confronté.

Jacques Foos 1, janvier 2020
Professeur honoraire au Conservatoire national des arts et métiers

Qu’est-ce que l’énergie ?

La notion d’énergie n’est pas facile à appréhender : l’énergie n’est pas toujours visible ou palpable, elle est difficile à quantifier, elle n’est pas forcément matérielle, on peut même ignorer son existence. Pourtant l’énergie est indispensable à la vie, elle est omniprésente dans nos activités et les influence considérablement.

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