Une fiche de non conformité consigne un écart et son traitement. Elle transforme un problème constaté en action mesurable. Elle sert aussi de preuve pendant les audits. Ce guide couvre la définition, les champs et le remplissage.
Il propose également quatre exemples sectoriels et trois formats de modèle.
Qu’est-ce qu’une fiche de non conformité ?
Une fiche de non conformité reste un enregistrement du système de management de la qualité. Elle relie un constat, une analyse et des actions. Elle documente les écarts par rapport aux exigences applicables. Chaque problème y trouve une trace écrite et datée.
Le service qualité l’appelle souvent FNC. Cet enregistrement alimente le progrès du système de management. Il nourrit aussi la réflexion sur chaque problème récurrent. Notre guide de la non-conformité ISO 9001 détaille le cadre général.
Cet article-ci se concentre sur le formulaire ISO 9001. Ce document accompagne le système de management de la qualité au quotidien.
Définition selon la norme ISO 9001
L’ISO 9000 définit la non-conformité comme une « non-satisfaction d’une exigence ». Une exigence vient du client, mais aussi d’une règle interne.
Or, sans document de référence, le désaccord reste une opinion. La fiche gagne donc à citer ces documents de référence. De fait, la clause 10.2.1 impose quatre réflexes successifs.
- Réagir et corriger la situation.
- Assumer les conséquences.
- Analyser les causes, si nécessaire.
- Vérifier l’efficacité des actions.
Par ailleurs, la clause 10.2.2 exige des preuves documentées. Les sorties non conformes relèvent de la clause 8.7. Le texte officiel de l’ISO 9001 reste la référence à jour. Attention : la norme n’impose aucun formulaire type.
Elle exige la trace du traitement, notamment sa preuve écrite. En revanche, chaque entreprise certifiée choisit son propre support. Un système de management mature standardise ce support unique.
Les 3 types de non-conformité

Trois familles couvrent la majorité des cas rencontrés. Chacune oriente le circuit de validation prévu.
| Famille | Exemple | Pilote |
|---|---|---|
| Produit ou service | Lot stocké hors température | Production |
| Processus ou système | Contrôle non enregistré | Qualité |
| Réclamation client | Retard signalé | Service client |
Une réclamation révèle d’ailleurs parfois une dérive ancienne. C’est pourquoi la fiche cite toujours l’origine du signalement. Les audits internes détectent aussi les écarts par rapport aux procédures. Les audits externes ajoutent leur propre vocabulaire.
Une non-conformité majeure bloque la certification. Une non-conformité mineure la permet, avec un plan d’action.
Comment traiter une non-conformité ?

Un écart détecté ne se règle pas sur un coup de tête. Le traitement suit un chemin balisé, du constat à la preuve d’efficacité. Chaque étape laisse une trace exploitable en audit.
Six étapes structurent ce parcours.
- Constat : décrivez les faits, sans interprétation.
- Enregistrement : ouvrez la fiche de non conformité et remplissez les champs utiles.
- Causes : remontez à l’origine avec les 5 Pourquoi ou un Ishikawa.
- Actions correctives : ciblez les causes retenues, avec un responsable et une date.
- Efficacité : mesurez après coup la disparition de l’écart.
- Clôture : archivez les preuves puis validez le dossier.
Ensuite, surveillez les écarts qui reviennent. Une répétition signale souvent un processus mal maîtrisé. Le responsable qualité y cherche alors une faille de fond, pas un défaut isolé.
Ainsi, le traitement va plus loin qu’une réparation ponctuelle. Dès lors, chaque dossier clos nourrit la progression du système. La correction immédiate protège le client et l’action corrective supprime la cause.
En résumé : constater les faits, documenter, analyser, agir, vérifier, clôturer. Chaque étape prépare la suivante, sans raccourci possible.
Pourquoi utiliser une fiche de non-conformité ?
Une fiche bien tenue produit quatre effets concrets. Ces effets justifient l’effort de tenue du registre.
- Elle prouve la maîtrise de l’écart en audit.
- Elle révèle les récurrences invisibles.
- Elle nourrit la matrice des risques et opportunités.
- Elle alimente la revue de direction.
Chaque problème documenté devient un cas à réutiliser. Par exemple, une cause récurrente justifie une formation. Ce type de fiche aide aussi les petites structures. Deux pièges guettent néanmoins les débutants.
Le premier reste la peur de la sanction. Les équipes évitent de déclarer l’anomalie détectée. Un problème passé sous silence revient autrement. Le second piège est la fiche trop lourde.
À l’inverse, un formulaire de six pages décourage le terrain. Cependant, une page recto-verso suffit généralement. L’adhésion des équipes concernées dépend de cette simplicité. L’utilisation des fiches progresse, elle, dès que le formulaire reste court.
Une utilisation trop rare affaiblit la détection. Une utilisation des fiches trop irrégulière masque ces écarts.
Quels champs doit contenir une fiche de non conformité ?
Une fiche de non conformité efficace tient sur une page. Aucun texte normatif n’impose une liste fermée. Cependant, la pratique converge vers neuf champs utiles. Chaque champ rassemble précisément les informations relatives à un écart.
| Champ | Rôle |
|---|---|
| Référence et date | Traçabilité dans le registre |
| Déclarant et service | Source du signalement |
| Origine et criticité | Orientation du traitement |
| Description factuelle | Compréhension de l’écart |
| Exigence de référence | Preuve de la non-conformité |
| Correction immédiate | Protection du client |
| Cause et action corrective | Suppression de la cause |
| Responsable et délai | Pilotage de l’action |
| Critère d’efficacité | Décision de clôture |
Ensuite, les preuves jointes et les visas restent recommandés. Ils renforcent la valeur probante de la fiche.
Identification et description de l’écart
Une référence courte accélère les échanges : NC-2026-014. Ce type de référence reste lisible dans un tableur.
Notez la date de détection, souvent distincte de l’apparition. La description détaillée relate des faits observables et vérifiables. Le QQOQCCP évite les angles morts, c’est-à-dire les oublis.
- Quoi : la nature exacte de l’écart.
- Qui : le déclarant et les personnes concernées.
- Où : l’atelier, la ligne, la zone.
- Quand : l’heure et l’étape du processus.
- Combien : la quantité, la fréquence, le coût.
- Pourquoi : l’exigence non satisfaite.
« Défaut de fabrication » ne dit rien d’exploitable. « Température relevée à 12 °C au lieu de 4 °C » informe vraiment. Un problème mal décrit rend l’analyse des causes impossible.
Analyse des causes et actions correctives
Trois outils couvrent notamment la plupart des besoins. Ces outils restent simples à animer sur le terrain.
- Les 5 pourquoi remontent la chaîne causale.
- Le diagramme d’Ishikawa classe les causes par familles de 5M.
- Le QQOQCCP structure les faits observables.

Une hypothèse ne devient une cause qu’après vérification terrain. En effet, le terrain confirme ou écarte l’hypothèse. Les parties prenantes du processus participent à cette analyse. Les parties prenantes externes peuvent aussi signaler un écart.
Les parties prenantes concernées valident les actions retenues. L’action corrective supprime bien la cause identifiée. Elle se distingue nettement de la correction immédiate.
| Notion | Question posée |
|---|---|
| Correction | Que fait-on du produit maintenant ? |
| Action corrective | Pourquoi cela s’est-il produit ? |
| Vérification | L’écart revient-il oui ou non ? |
Néanmoins, une cause peut exiger plusieurs actions correctives. Chaque action reçoit donc un responsable, un délai et une preuve.
Le risque de récidive guide le niveau d’exigence retenu. Les méthodes simples suffisent, sans outil lourd. De fait, le problème persiste rarement quand la cause est traitée.
Suivi, clôture et signatures
Le registre attribue quatre statuts lisibles. Chacun déclenche une action précise.
- Ouverte : l’écart est déclaré.
- En cours : les actions avancent.
- En attente : les actions sont terminées.
- Clôturée : les faits confirment l’efficacité.
L’objectif reste, lui, une clôture fondée sur des faits. Chaque décision du pilote suit cet objectif. Un délai d’observation évite une clôture trop rapide. La norme ne fixe d’ailleurs aucune durée de conservation.
Dès lors, alignez l’archivage sur vos obligations contractuelles. Le responsable qualité valide ensuite la clôture. Le responsable qualité anime le registre et arbitre les priorités. Il reste le garant de la cohérence du registre.
Il rend la démarche crédible devant un auditeur. Nommer les bonnes personnes accélère chaque étape.
Comment remplir une fiche de non conformité ?

Le remplissage suit, en clair, une chaîne reproductible. De plus, une description précise accélère le traitement.
- Le constat décrit l’écart avec des faits.
- La correction protège immédiatement le client.
- L’analyse des causes remonte à l’origine.
- L’action corrective supprime cette origine.
- La vérification confirme la disparition du problème.
- La clôture archive la preuve.
La mise en place d’un registre unique facilite ce suivi. Ce registre remplace en effet les fichiers dispersés.
Constater et déclarer l’écart
Désormais, chaque collaborateur peut déclarer une anomalie. Il décrit les faits et transmet la fiche au service qualité. Premièrement, sécurisez la zone et isolez le lot. Secondement, notez la correction immédiate déjà réalisée.
Cette première mesure limite l’impact direct sur le client. Une anomalie déclarée tard coûte toujours plus cher.
Le chiffrage du coût reste facultatif, mais précieux. Les entreprises du secteur l’utilisent de plus en plus. Les entreprises de services adoptent la même trame.
Analyser la cause et planifier les actions
Les 5 pourquoi déroulent la chaîne causale. Chaque réponse prépare la question suivante.
- Pourquoi la température dépasse-t-elle 4 °C ? Le froid s’arrête.
- Pourquoi s’arrête-t-il ? La sonde transmet une valeur fausse.
- Pourquoi cette valeur fausse ? La sonde a bougé au dégivrage.
- Pourquoi a-t-elle bougé ? Aucun mode opératoire n’encadre le dégivrage.
- Pourquoi aucun mode opératoire ? Le risque n’avait jamais été analysé.
La cause racine se cache souvent dans une méthode absente. Former l’opérateur seul n’aurait rien réglé. Vérifiez aussi les écarts par rapport aux règles ailleurs. De ce fait, le plan d’action devient beaucoup plus complet.
La mise en place d’actions datées évite les oublis. La mise en place d’un modèle unique simplifie les audits. Dès lors, l’utilisation des fiches reste homogène entre services.
Exemples de fiche de non conformité par secteur
Ces quatre cas restent des mises en situation simplifiées. En pratique, ils illustrent la mécanique sans reproduire un incident réel.
En premier lieu, chaque exemple suit la même trame de lecture. Ce format convient aussi aux petites structures. De même, ces deux cas montrent un écart documentaire fréquent.
BTP, agroalimentaire et restauration HACCP
| Secteur | Constat | Cause | Action corrective |
|---|---|---|---|
| BTP | 31 MPa au lieu de 35 MPa exigés | Ajout d’eau au coulage | Point d’eau supprimé |
| HACCP | 9 °C pendant 3 heures | Dégivrage non encadré | Mode opératoire rédigé |
La traçabilité du lot conditionne l’ampleur d’un rappel. Ce problème de traçabilité revient souvent en audit. Le plan HACCP fournit ici le document de référence. Ainsi, un problème de température devient une preuve chiffrée.
Fournisseurs et laboratoires
| Secteur | Constat | Cause | Action corrective |
|---|---|---|---|
| Fournisseur | Certificat matière absent | Annexe non transmise | Blocage à la réception |
| Laboratoire | Pipette utilisée hors validité | Alerte nominative non lue | Alerte mutualisée et blocage |
La cause se situe en fait dans l’échange interne. En outre, un problème de quantité se traite de la même façon. Une réclamation fournisseur mal ciblée échoue systématiquement. Un laboratoire ajoute pourtant toujours une analyse d’impact.
Modèles gratuits de fiche de non conformité (Excel, Word, PDF)

Modèles gratuits de fiche de non conformité (Excel, Word, PDF)
Vous souhaitez créer votre propre fiche de non conformité ? QualitExpert met à votre disposition un modèle Excel personnalisable.
Téléchargez votre modèle Excel QualitExpert
Notre modèle Excel vous aide à structurer vos fiches et organiser leur suivi. Vous pouvez l’adapter à votre organisation et à vos processus.
Télécharger le modèle Excel QualitExpert – Fiche de non conformité
Trois formats répondent à des besoins complémentaires :
- Excel : centralisez vos fiches, filtrez les données et suivez les indicateurs.
- Word : personnalisez une fiche vierge avec votre logo et vos informations.
- PDF : imprimez vos fiches et archivez les dossiers clôturés.
Cependant, un tableur montre rapidement ses limites lorsque les dossiers se multiplient. Les versions circulent et les données se dispersent. Par conséquent, certaines échéances passent inaperçues.
Une action corrective oubliée laisse également la cause du problème intacte. C’est pourquoi un suivi structuré devient indispensable.
Passez du modèle Excel à QualitExpert QMS
QualitExpert QMS propose une approche plus complète de la gestion des non-conformités.
Le système centralise les fiches et les actions correctives associées. Ainsi, chaque dossier suit une logique cohérente, de la détection jusqu’à la vérification.
Le module « Non-conformités et actions » facilite le suivi opérationnel. Il permet de filtrer les dossiers par période, processus, gravité et statut.
Chaque dossier identifie un responsable et une échéance. De plus, un compteur signale les actions CAPA en retard.
Le tableau de bord QSE centralise les principaux indicateurs. Il affiche notamment les non-conformités ouvertes et leur taux de clôture.
Par ailleurs, il présente l’avancement des actions correctives étape par étape. Les exports facilitent également le partage des informations.
- Export CSV : exploitez les données dans vos propres tableaux.
- Export PDF : partagez une synthèse lisible pendant vos revues qualité.
La clôture exige une attention particulière. En effet, le système distingue la clôture administrative de la vérification d’efficacité.
Cette distinction évite de clôturer une action sans preuve suffisante. Ainsi, chaque fiche de non conformité contribue réellement à l’amélioration continue.
Vous pouvez également découvrir les exemples et les outils disponibles dans notre système. Le registre, les processus et les actions permettent de structurer votre démarche.
Découvrez QualitExpert QMS et testez le suivi sur un cas concret :
QualitExpert QMSPilotez votre système qualité avec QualitExpert QMS
Centralisez vos non-conformités, structurez vos processus et suivez vos actions correctives dans un environnement unique.






